Explosion! – le musée des armements navals

 

Bienvenue à Explosion! – musée passionnant qui raconte non seulement l’histoire des armements navals depuis la poudre à canon jusqu’aux explosifs de nos jours, mais aussi l’histoire sociale de ces lieux, y compris le rôle important joué par les femmes qui y travaillaient pendant et entre les deux guerres mondiales.

Le musée se trouve dans l’ancien dépôt de munitions situé à Priddy’s Hard, Gosport, du côté ouest du port de Portsmouth. Il a été ouvert pour la première fois en mars 2001.

L’attraction principale de l’exposition est la ‘Priddy’s Hard Story’ (‘l’Histoire de Priddy’s Hard’), spectacle audio-visuel qu’on présente dans la poudrière originale, commencée en 1770.

Au début

Jusqu’au 18e siècle la Marine Royale emmagasinait sa poudre dans la Square Tower (‘Tour Carrée’) située dans le Vieux Portsmouth. Mais les gens qui habitaient tout près redoutaient d’une explosion, et voulaient qu’on éloigne la poudre de leurs maisons et familles. Ils ont demandé au Maire de Portsmouth si on pouvait déplacer la poudrière, mais lui n’avait aucune autorité sur la Marine, donc il a dû faire appel au Roi Georges II. Enfin le roi a donné son accord, et on a commencé à rechercher un nouveau site.

Le choix s’est porté sur Priddy’s Hard, du côté ouest du port. Le site présentait plusieurs avantages: c’était tout près de l’Arsenal Naval, assez loin de la ville de Gosport, et c’était un lieu sûr protégé de deux côtés par l’eau, et du côté de la terre par des travaux. La construction de la poudrière a commencé en 1770, et a été achevée en 1777.

Pendant plus de cent ans Priddy’s Hard a stocké la poudre et l’a fournie à la Marine Royale jusqu’à l’arrivée d’explosifs plus modernes qui ont continué à être développés jusqu’à la fin du 20e siècle.

Travailler à Priddy’s Hard

La poudre et les explosifs plus récents étant vraiment dangereux, les ouvriers devaient porter des vêtements et des chaussures spéciaux dans les locaux où on les préparait. On appelait ces locaux ‘clean areas’ (‘lieux propres’). Les hommes portaient des vêtements fabriqués en laine grossière, et des chaussures en cuir mou. Cet uniforme n’a pas changé pendant 150 ans; c’était seulement vers les années 1950 que des modifications y ont été apportées.

Entre 1914 et 1918, pendant la Grande Guerre, on a engagé 600 femmes pour travailler à Priddy’s Hard. Elles portaient un chapeau blanc et un long manteau pour les protéger. Quelques-unes ont formé une équipe de foot, ‘Gosport Ladies’, et ont porté leur chapeau blanc comme partie essentielle de leur tenue!

Presque 4,000 femmes ont travaillé à Priddy’s Hard entre 1939 et 1945 pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Leur uniforme se composait d’un pantalon bleu foncé et d’une jaquette; elles portaient une écharpe pour se protéger les cheveux.

 


Le Tour du Musée

The Locker Room

Ici vous vous informez sur le travail à Priddy’s Hard au cours du 20e siècle. Vous pouvez lire des informations, écouter des histoires orales et voir des objets historiques.

The Age of Fighting Sail (l’époque des voiliers de combat)

Dès 1800, à l’époque des guerres révolutionnaires, la Marine Royale avait de plus en plus besoin de poudre. On a engagé un tonnelier qui fabriquait les tonneaux dans lesquels on mettait la poudre pour la livrer aux vaisseaux.

The Designer Gallery

Les progrès dans la technologie industrielle et l’agrandissement de l’Empire Britannique ont provoqué un développement rapide dans la conception et la fabrication des armes portatives. La nouvelle efficacité de ces dernières ont eu des conséquences profondes sur les moyens de fabrication à Priddy’s Hard. Les progrès portaient sur le tir à percussion et l’emploi de cartouches au lieu de poudre meuble ou placée dans des sacs. Le résultat a été un tir plus rapide et plus sûr. Les âmes rayées ont été développées quand on a trouvé qu’une balle tournoyante avait une trajectoire plus rapide et plus juste.

The Grand Magazine

C’était le premier bâtiment qu’on a construit à Priddy’s Hard. La construction a duré trois ans, et on a dû attendre encore trois ans pour le sécher avant d’y stocker la poudre. Les murs sont épais de 2,5m. En 1780 il y avait déjà 6,500 tonneaux de poudre dans le Magasin.

Aujourd’hui vous allez voir la présentation audio-visuelle de la ‘Priddy’s Hard Story’ dans le Magasin.

The Rolling Way

Au début du 19e siècle un sentier spécial qu’on appelait ‘The Rolling Way’ s’étendait depuis le Magasin jusqu’au port. Sa fonction était de permettre le transport de tonneaux de poudre au moyen de wagons jusqu’aux ‘powder hoys’ (petits voiliers) qui les transportaient aux vaisseaux amarrées à quai dans l’Arsenal.

On devait mettre des peaux d’animal par terre pour adoucir les cahots des wagons et pour recueillir la poudre qu’ils laissaient tomber.

The Camber

Le Camber est un petit port protégé par une enceinte, et pendant plus de cent ans a été un lien entre Priddy’s Hard et les vaisseaux de la Marine.

Les explosifs modernes

Jusqu’aux années 1870 la poudre à canon a été l’explosif principal de la Marine. A cette époque le coton azotique, qui conservait sa capacité explosive même s’il était mouillé a été développé pour les mines et les torpilles.

Dès 1893 le ‘cordite’ a commencé à remplacer la poudre noire comme propulseur pour les projectiles de l’artillerie navale. Le cordite était un mélange de nitroglycerine, de coton-poudre et de pétrolatum dissous dans l’acétone et fabriqué en forme de cordes (d’où son nom). Le ‘cordite’ avait les avantages d’être plus stable que la poudre noire, et de ne produire aucune fumée.

Jusqu’ici on avait toujours utilisé les tonneaux pour stocker la poudre, maintenant on mettait les explosifs plus modernes dans des caisses en bois. C’étaient des charpentiers professionnels qui les fabriquaient; ils ont été responsables de toutes les caisses de munitions protectrices jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale, lorsque le métal a remplacé le bois comme matériau de construction normal.

En 1900 Priddy’s Hard était une base très active où on exécutait la fabrication, les épreuves et les contrôles des munitions navales. Pour le transport des munitions la base avait son propre chemin de fer avec des petits trains, et des petits bateaux à vapeur déplaçaient du matériel entre les vaisseaux de guerre et les installations du port.

Les mines

Une mine ne suit pas une trajectoire à travers l’atmosphère ou l’eau. C’est une arme immobile qui guette sa proie. Il y en a plusieurs types:

·         les mines à orin traditionnelles dotées de cornes, qui attendent sous la surface de la mer

·         les mines que des plongeurs attachent à la coque d’un vaisseau (‘limpet mines’)

·         les mines de fond (‘ground mines’), qu’on appelle aussi mines d’influence (acoustique, magnétique, à dépression, etc.)

Les mines sont mouillés par des vaisseaux de surface, par des sous-marins, par des plongeurs ou par des avions.

Les canons

Quand un vaisseau de guerre entrait dans le port, le Dépôt des Munitions avait la responsabilité d’enlever les obus, les douilles et les cartouches, de vérifier leur bon état et de les réparer. De temps en temps on devait aussi enlever les canons, qu’il fallait soumettre à une inspection rigoureuse.

Pour le tir à la mer il faut une grande habileté, de la discipline et un travail d’équipe. L’équipe doit travailler dûr et montrer beaucoup d’agilité.

Les torpilles

La torpille prend son nom du poisson, qui donne une secousse électrique pour assommer sa proie. Les premières torpilles étaient fabriquées en bois d’orme garni à l’intérieur par du cuivre qui renfermait l’explosif, mais elles n’avaient pas de propulseur. En 1866 la première torpille auto-propulsive a été développée. Six ans plus tard, on a essayé pour la première fois des hélices divergentes, dont l’usage a empêché la torpille de rouler dans l’eau.

Entre les deux guerres on a fait des progrès importants dans la propulsion des torpilles, mais c’est seulement depuis la Deuxième Guerre Mondiale que la Marine Royale a développé les torpilles filoguidées et les torpilles dotées d’un autodirecteur actif/passif, ce qui a fait de la torpille une arme beaucoup plus précise. 

Les missiles modernes

La guerre a changé irrévocablement après l’explosion de la première bombe atomique à Hiroshima en 1945. La destruction répandue par cette bombe relativement petite a choqué le monde entier.

Depuis les années 1960, les missiles guidées (antinavire, ASM et surface-air) ont remplacé les gros canons; elles sont devenues les armes principales de la Marine Royale.

A mesure que la puissance offensive et défensive des vaisseaux de guerre grandissait au cours du 20e siècle, et que les besoins logistiques évoluaient et se développaient, le dépôt à Priddy’s Hard devenait moins économique, et la base était devenue trop petite pour une évolution nécessaire.

Cependant, pendant le Conflit aux Malouines de 1982 Priddy’s Hard a été réactivée en fournissant encore une fois des munitions à la Marine Royale.

Ses portes ont été fermées pour la dernière fois en 1989, et Explosion! le Musée des Armements Navals a été ouvert au public le 24 mars 2001.

 

John Jordan et Robert Dumas 2003